Posté le 01 Septembre 2017

Les allergies chez les chats

À l'arrivée de l'automne, nos animaux domestiques souffriront davantage de problèmes liés à leurs allergies. On estime qu'environ 10 % des humains souffrent de une ou plusieurs allergies ; les statistiques vétérinaires rapportent qu'un moins 15 % des animaux seraient allergiques à « quelque chose ». Il n'existe pas de statistiques officielles touchant les chats, mais on sait qu'une proportion importante de félins est également atteinte d'allergies.


Contrairement à l'homme allergique qui présente surtout des symptômes d'ordre respiratoire, les principales manifestations d'allergie chez les animaux se situent sur la peau, causant souvent de graves dermatites.


Jusqu'à récemment, le diagnostic d'une allergie, et surtout l'identification de l'allergène ou des allergènes en cause, était loin d'être facile, et le médecin vétérinaire comme le propriétaire de l'animal devaient parfois se transformer en détectives afin de scruter à fond l'environnement et les habitudes de vie de la bête. Afin d'identifier l'allergène, les seuls moyens fiables sont les tests cutanés, le plus souvent exécutés par les dermatologistes vétérinaires vers lesquels les animaux étaient dirigés.


QU'EST-CE QU'UNE ALLERGIE ?


Les termes « allergie » et « hypersensibilité » sont synonymes et correspondent à une « réaction anormale ou accrue du système immunitaire en présence d'une substance normalement perçue sans problème par un autre animal ». Cette substance est appelée « allergène » Si, chez l'homme, ce sont les yeux et le nez qui sont les organes les plus touchés par les allergies, tous les systèmes et les organes sont menacés de réactions allergiques chez les animaux[MC1] . La porte d'entrée des allergènes dans l'organisme joue un rôle déterminant. Ainsi, les allergènes inhalés entraînent une réaction initiale au chapitre du système respiratoire supérieur, des bronches et de la trachée, de là provocant de l'écoulement nasal et une constriction trachéo-bronchique (toux). Les allergènes environnementaux et dans l'air ambiant touchent les yeux et provoquent une abondante sécrétion lacrymale. Les allergènes ingérés entraînent des problèmes digestifs avec vomissements, diarrhée, coliques en plus des problèmes cutanés. Enfin, les allergènes peuvent aussi affecter directement la peau en causant une réaction locale rappelant les lésions de l'urticaire.


LES PRINCIPAUX ALLERGÈNES


Selon des études rétrospectives réalisées auprès des chiens et chats, il a été établi que les principaux allergènes sont les puces, les acariens, la poussière et les moisissures. Mentionnons qu'en ce qui concerne les puces, il n'existe aucune relation directe entre le nombre de puces et l'intensité des réactions allergiques. Un animal non allergique, même rempli de puces, pourra se gratter que très occasionnellement alors qu'un autre qui est allergique peut être grandement affecté par la présence d'une seule puce.


Les allergies alimentaires prennent de plus en plus d'importance et on croit que près de 30 % des cas de dermatites allergiques peuvent être dus à une allergie causée par des aliments dont les plus fréquemment en cause sont les ?ufs, le b?uf et le lait.


Comme chez les humains, les pollens, la poussière, les acariens, les moisissures peuvent causer des signes d'allergies. Si les particules d'allergènes sont plus petites, elles peuvent atteindre les bronches et provoquer des signes respiratoires : toux, respiration sifflante, détresse respiratoire, encore pratiquement toujours doublés de problèmes cutanés.


Toute substance étrangère peut provoquer des réactions d'allergie et la liste inclut aussi vaccins et médicaments en général. Tout le monde connaît quelqu'un qui est allergique aux antibiotiques ; nos animaux n'y échappent pas non plus.


RÔLE DE L'HÉRÉDITÉ

Il semble résolument exister un facteur héréditaire dans les allergies, sans toutefois que la source génétique soit entièrement comprise. Une certaine prédisposition familiale est sûrement en cause, bien que les allergènes responsables ne soient pas nécessairement les mêmes observés chez les parents et les jeunes. Les tendances aux allergies seraient donc liées aux gènes et transmissibles, mais pas les allergies à une substance spécifique.


LE DIAGNOSTIC D'ALLERGIE

Dans tous les cas où l'on soupçonne une allergie, il est important de dresser minutieusement l'anamnèse (histoire du cas). Il faut voir si l'animal présente des signes toute l'année ou de façon saisonnière (durant l'été seulement, au printemps, à l'automne), à l'intérieur ou à l'extérieur, etc. Les signes observés par le propriétaire doivent être décrits de façon précise (toux, éternuement, grattage, perte de poils, etc.). Enfin, la diète doit aussi être soigneusement examinée, car 30 % des allergies causant des dermatites pourraient être d'origine alimentaire.


Il faut aussi examiner l'animal et s'assurer qu'il n'est pas infesté de parasites (puces, tiques, mites, etc.) afin d'éliminer ces causes éventuelles. L'examen physique approfondi de l'animal est aussi d'importance capitale. Les régions généralement les plus touchées, soit les yeux, le nez, les oreilles, la région anale, les pieds (et surtout les espaces interdigités), doivent particulièrement faire l'objet d'une attention spéciale.


Les tests de base de laboratoire sont aussi fort importants, ne serait-ce que pour infirmer un diagnostic d'allergie en décelant d'autres problèmes. Un bilan sanguin, une analyse d'urine et de selles s'imposent. Comme les dermatites allergiques sont souvent doublées d'infections bactériennes ou fongiques, une culture microbiologique est toujours indiquée, de même qu'un grattage de la peau.


Des tests cutanés sont possibles. Il faut alors raser une région de la peau de l'animal et injecter des extraits d'allergène connus. Après un délai précis et selon les réactions locales observées (rougeurs, grandeurs, etc.), le dermatologue vétérinaire détermine les allergènes qui « pourraient » être en cause.


Dans tous ces tests, il est important de choisir des substances propres à l'environnement de l'animal. Inutile, par exemple, de choisir un extrait de palmier de Floride si la bête ne quitte jamais le Québec.


TRAITEMENTS OU SOULAGEMENT ?

Il existe trois possibilités dans la démarche d'un traitement d'allergie :


1) Élimination des allergènes responsables. Cette démarche n'est cependant pas toujours accessible. On peut éliminer les puces, une plante d'intérieur, une nouvelle moquette de laine ou un oreiller de plumes. En revanche, comment éliminer complètement la poussière ou les acariens qui, on le sait, sont omniprésents dans l'environnement ?


Si l'histoire du cas et les tests d'allergie suggèrent une allergie alimentaire, il existe des diètes commerciales dites hypoallergènes, sinon il est possible de préparer de la nourriture maison. Cette méthode est basée sur l'élimination et la réintroduction par étapes de différents ingrédients constituant la diète de l'animal.


2) Utilisation de produits anti-inflammatoire. Cette démarche n'est pas un traitement, mais un soulagement des signes et, conséquemment, de l'animal. Malheureusement, l'emploi prolongé de ces médicaments peut entraîner des complications et des effets secondaires indésirables.


3) Hyposensibilisation ou immunothérapie.Cette méthode est maintenant très accessible. Selon les résultats des tests d'allergie cutanés, il est possible de créer des combinaisons d'allergènes qui seront injectées à l'animal en doses d'abord minimes, puis croissantes. L'organisme de l'animal réagit alors en fabriquant des anticorps qui bloqueront la réaction anormale. Comme c'est le cas chez l'humain, le traitement est long, pouvant s'échelonner sur une période de six mois à une année, parfois plus. Ce traitement n'est pas sans risque non plus. Après chaque injection, l'animal doit être sous étroite supervision au cas où un choc suivrait.


De plus en plus recommandée, l'hyposensibilisation s'avère satisfaisante dans la majorité des cas, mais les résultats peuvent être compromis si le programme de désensibilisation n'est pas suivi à la lettre.


De toute façon, pour quiconque veut vivre heureux avec son chat, il sera sûrement valable et profitable de tenter le tout parce qu'un chat qui se gratte sans arrêt n'est pas seulement pénible pour la bête, mais peut drôlement rendre misérable la vie des siens.


Le médecin vétérinaire saura guider efficacement les propriétaires de chats possiblement allergiques.




Source:OMVQ

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